Le verbe de ta vie, est le titre d’une lettre que j’ai lue, il y a un peu moins de 10 ans, dans une revue que j’apprécie, La relève et la peste.
Cette lettre est devenue aujourd’hui un ouvrage, écrit par Sarah Roubato.
En substance cette lettre, initialement adressée à un ado, disait « tout au long de notre adolescence une question nous est posée : Quel métier voudriez-vous faire plus tard ? À l’âge adulte, la question est : Tu fais quoi dans la vie?, pourtant nous sommes bien plus.
Cette lettre interroge le lecteur en lui demandant, mais si tu étais un verbe quel serai- il? Que raconterait-il de toi? De ton rapport au monde? aux autres? De tes envies? De tes choix? »
Le verbe de ta vie
C’est un texte que j’aime lire lorsque je présente mes recherches, lorsque l’on m’invite en workshop, à l’Université, en intervention en collège, en lycée.
C’est un livre que j’offre tant je crois qu’il devrait être lu par tous.
Non, un métier ne dit rien de nous. Un verbe oui. Je collecte des verbes à présent.
J’ai brodé ces verbes collectés lors de rencontres avec les habitants d’une territorialité au coeur des Vosges lors d’une résidence. Un drapeaux en est né.
Ce drapeaux blanc, brodé collectivement de tous les verbes, de ces habitants, en dit davantage que tant de statistiques, il dévoile des histoires, il raconte ces rencontres.
Depuis je brode toujours, mais cette fois : un bleu de travail. Mon bleu.
J’ai dans une des poches un carnet, j’y note les prénoms de celles et ceux rencontrés, les dates et leurs verbes, puis je brode seule, en public.
Je raconte mes recherches et je brode.
Je lis la lettre de Sarah Roubato, j’en distribue quelques exemplaires et je brode.
Je rencontre, nous nous racontons ensemble, j’écoute et je brode.
De temps à autre, je m’arrête et je lis à haute voix des passages d’autres ouvrages interrogeant eux aussi le travail
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